Authors: Odon Vallet
Catalog: Book
Media: Poche
Release Date: 14 March, 2000
Publisher: Gallimard
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De Deo nihil scimus
La quatrième de couverture donne une espèce de définition de "la" religion : "toutes les religions répondent à une demande essentielle par des voies semblables : textes sacrés et commentaires, images, lieux de cultes ou de dévotion. Elles revêtent également des dimensions politiques et sociales qui peuvent générer des conflits et guerres saintes mais aussi ouvrir sur un dialogue inter-religieux." Le livre n'a rien à voir, cependant, avec un quelconque projet syncrétique. Pour Odon Vallet, les 5 piliers de la religions se mesurent en des "paroles inspirées", "les mots de la guérison", "l'écriture sainte", "l'image pieuse", "les pierres vivantes". La parole inspirée, par la méditation, respire dans la vie du fidèle produisant deux effets : la therapeia (la santé ou le salut, conformément à l'étymologie grecque) et l'urgence de la transmission. La transmission tendue entre la parole prêchée (qu'elle se nomme catéchisme, c'est à dire enseignement oral ou Coran, c'est à dire récitation) et la consignation par écrit de l'héritage. Ici se situe une résonance oscillant de façon dialectique ou polémique entre l'écrit dont "pas un iota ne doit passer" et l'éternelle relecture que nécessite la quête du sens. Peut-on harmoniser la doctrine ? Doit-on, parfois, la figer en de volumineux commentaires ? N'entrent-ils pas eux-mêmes en concurrence avec les Ecritures qu'ils sont censés expliquer ? Arrêtons-nous un instant sur les Ecritures et le conservatoire des langues mortes, qu'elles représentent. Odon Vallet insiste sur le volume de celles-ci, variable selon les religions et sur son corollaire, le canon, la traduction et le cortège de ceux qui savent établir, préciser, commenter : le clerc et spécialement le moine, d'autant plus nombreux que le volume du corpus est important. De cette distinction entre celui qui sait et celui qui ne sait pas peut naître le pouvoir des uns sur la conscience des autres. De son alliance ou de sa divergence avec le pouvoir temporel dépendent les conditions de vie, de la paix jusqu'au confort matériel, des populations. Ce point est développé dans le volume "le sacre des pouvoirs". Enfin, l'auteur fait le tour de ce qu'on nomme "les hauts lieux" que ce nom tienne à un caractère géographique (site élevé) ou spirituel (lieu de pèlerinage renommé). Ce lieu peut-être un temple ou une image. Il souligne qu'un grand nombre d'entre eux figure au patrimoine de l'humanité soutenu par l'UNESCO, comme une synecdoque de l'ensemble Toutefois ce volume-ci souffre du format de la collection : 100 pages pour faire le tour d'une question et une place insuffisante laissée à la bibliographie qui n'en fait pas un tremplin suffisant "pour d'autres aventures spirituelles" que les nombreux textes issus des diverses traditions évoquées ne parviennent pas à compenser tout à fait. Pour trouver ce tremplin, on se reportera donc à "Qu'est-ce qu'une religion ?" du même auteur.
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