Authors: Jonathan Coe
Catalog: Book
Media: Broché
Release Date: 02 March, 2004
Publisher: Cahiers du Cinéma
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Customer Review:
ouvrage sans passion
Avec quelques pages consacrées à chaque film et de rares anecdotes sur la vie du comédien, Coe semble avoir oublié l’aspect biographique que lui commandait Bloomsbury. Le titre du livre en français James Stewart : une biographie de l’Amérique paraît alors exagéré : non seulement Coe ne décrit pas l’histoire américaine dans son ouvrage mais il ne relate pas non plus (ou si peu) l’histoire de James Stewart ! Le lecteur friand d’anecdotes et d’informations rares ne trouvera pas ici un travail d’investigation semblable à celui de l’ouvrage de Sperber et Lax qui ont magnifiquement mis en parallèle le destin de Bogart avec les évènements de l’histoire américaine dans leur biographie de Bogey ou de celui de Nick Tosches qui en fit de même avec Dean Martin dans son fameux Dino.
Les admirateurs de Stewart se contenteront donc d’une succession de critiques qui donnent parfois envie de partager l’enthousiasme de Coe (son chapitre sur L’Odyssée de Charles Lindberg de Billy Wilder est remarquable sur ce point) mais qui peuvent agacer au plus haut point ! Lire que Ford est un réalisateur révisionniste ou que L’homme qui tua Liberty Valance est un film anti-pacifiste pourrait donner la nausée aux moins cinéphiles d’entre nous. Les attaques contre le conservatisme de Ford sont d’autant plus choquantes que Coe fait l’apologie de Stewart pendant plus de 200 pages. Il rappelle pourtant que le comédien fut l’un des grands défenseurs de la guerre au Viêt-Nam, un soutien politique de Nixon et un ami des Reagan… Enfin, si Coe avait la décence d’argumenter correctement son propos, il y aurait matière à débat ; mais il se perd dans ses références au film de Ford et fait de grossières erreurs comme affirmer que Tom Doniphon (le personnage interprété par John Wayne dans Valance) clame "C’est ça l’Ouest Monsieur, même quand la légende devient réalité, elle reste toujours une légende". Les amoureux de Ford et n’importe quel cinéphile le sait, ce n’est pas le Duke qui lance cette célèbre remarque mais le journaliste local et la phrase n’est pas exactement celle que Coe raconte, mais "Quand la légende devient réalité, imprimez la légende".
En tant qu’ancien journaliste Jonathan Coe devrait avoir la décence de vérifier ses sources et d’étayer ses propos avant de partir dans de telles considérations ! On pourra toujours l’excuser en pensant qu’il avait déjà l’âme d’un écrivain de fiction. Il est donc conseillé de se précipiter sur ses romans et d’éviter cette biographie de pacotille qui, de surcroît, est vendue à un prix élevé !
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